VISITE HISTORIQUE DE BENOÎT XVI À L’HÔPITAL SAINT-JEAN BAPTISTE DE L’ORDRE
“Je voudrais profiter de ma visite à votre hôpital que gère l’Association des Chevaliers Italiens de l’Ordre Souverain Militaire de Malte pour remettre idéalement ma nouvelle Encyclique Spe Salvi à la communauté chrétienne de Rome et en particulier à ceux qui, comme vous, sont en contact direct avec la souffrance et la maladie”. C’est ce qu’a déclaré Benoît XVI pendant sa visite à l’Hôpital Saint Jean Baptiste de l’Ordre à Rome. Le Grand Maître, Fra’ Andrew Bertie, en présentant ses hommages à Sa Sainteté, a affirmé: «les malades sont pour nous la partie la plus précieuse et la plus chère de notre mission». “Chers Chevaliers de l’Ordre Souverain Militaire de Malte, chers médecins, infirmiers et tous ceux qui travaillent à l’hôpital” a ajouté le Pape, “vous êtes tous appelés à rendre un service important aux malades et à la société, un service qui exige abnégation et esprit de sacrifice. Dans chaque malade, quel qu’il soit, sachez reconnaître et servir le Christ: faites-lui sentir par vos gestes et vos paroles les signes de son amour miséricordieux”. Le Pape a aussi voulu rappeler la contribution de l’Ordre de Malte à la mission de l’Eglise au service de ceux qui souffrent, soulignant comment depuis l’origine de leur histoire millénaire les Hospitaliers se sont prodigués “au soin des malades, en particuliers aux pauvres et aux exclus”. Dans une atmosphère chargée d’émotions, la messe a été célébrée par Sa Sainteté à la présence du Grand Maître, du Souverain Conseil et de nombreux membres de l’Ordre pour les patients, leurs familles, les médecins et les volontaires. Touchante la rencontre de Benoît XVI avec le personnel de l’Unité de réveil et leurs patients: ce service ultra moderne de l’hôpital est spécialisé dans le traitement de qui, après s’être réveillé du coma, a besoin de récupérer les notions les plus élémentaires comme la conscience de soi et du monde extérieur. C’est une des rares structures sanitaires en Italie vantant cette spécialisation.
BENOÎT XVI ANGELUS Place Saint-Pierre Ier Dimanche de l'Avent, 2 décembre 2007 Chers frères et sœurs, En ce premier dimanche de l'Avent, une nouvelle année liturgique commence: le Peuple de Dieu se remet en marche pour vivre le mystère du Christ dans l'histoire. Le Christ est le même hier, aujourd'hui et toujours (cf. He 13, 8); l'histoire en revanche change et demande à être constamment évangélisée; elle a besoin d'être renouvelée de l'intérieur et la seule vraie nouveauté c'est le Christ: c'est Lui son accomplissement plénier, l'avenir lumineux de l'homme et du monde. Ressuscité d'entre les morts, Jésus est le Seigneur auquel Dieu soumettra tous ses ennemis, y compris la mort elle-même (cf. 1 Co 15, 25-28). L'Avent est donc le temps propice pour réveiller dans nos cœurs l'attente de "Celui qui est, qui était et qui vient" (Ap 1, 8). Le Fils de Dieu est déjà venu à Bethléem il y a vingt siècles, il vient à chaque instant dans l'âme et dans la communauté disposées à le recevoir, il viendra à nouveau à la fin des temps pour "juger les vivants et les morts". Le croyant est donc toujours vigilant, animé par l'intime espérance de rencontrer le Seigneur, comme le dit le Psaume: "J'espère le Seigneur, mon âme espère en sa parole; mon âme attend le Seigneur plus que les veilleurs l'aurore" (Ps 129, 5-6). Ce dimanche est donc un jour indiqué s'il en est pour offrir à toute l'Eglise et à tous les hommes de bonne volonté ma deuxième Encyclique que j'ai justement voulu consacrer au thème de l'espérance chrétienne. Elle s'intitule Spe salvi parce qu'elle s'ouvre par l'expression de saint Paul: "Spe salvi facti sumus - Dans l'espérance nous avons tous été sauvés" (Rm 8, 24). Dans ce passage comme dans d'autres passages du Nouveau Testament, le mot "espérance" est étroitement lié au mot "foi". C'est un don qui change la vie de celui qui le reçoit, comme le démontre l'expérience de tant de saints et de saintes. En quoi consiste cette expérience, si grande et si "fiable" qu'elle nous fait dire qu'en elle nous avons le "salut"? Elle consiste, en substance, dans la connaissance de Dieu, dans la découverte de son cœur de Père bon et miséricordieux. Jésus, par sa mort sur la croix et par sa résurrection, nous a révélé son visage, le visage d'un Dieu tellement grand dans l'amour qu'il nous communique une espérance inébranlable, que pas même la mort ne peut entamer, parce que la vie de celui qui se confie à ce Père s'ouvre sur la perspective de l'éternelle béatitude. Le développement de la science moderne a confiné la foi et l'espérance toujours davantage dans le domaine privé et individuel, si bien qu'aujourd'hui il apparaît de façon évidente, et parfois dramatique, que l'homme et le monde ont besoin de Dieu - du vrai Dieu! - autrement, ils restent dépourvus d'espérance. La science contribue beaucoup au bien de l'humanité, mais elle n'est pas en mesure de la racheter. L'homme est racheté par l'amour, qui rend la vie personnelle et sociale bonne et belle. C'est pourquoi la grande espérance, pleine et définitive, est garantie par Dieu qui est l'amour, par Dieu qui, en Jésus, nous a visités et nous a donné la vie, et en Lui reviendra à la fin des temps. C'est dans le Christ que nous espérons, c'est Lui que nous attendons! Avec Marie, sa Mère, l'Eglise va à la rencontre de l'Epoux: elle le fait à travers les œuvres de charité, parce que l'espérance, comme la foi, se démontre par l'amour. Bon Avent à tous!