Réalisation du premier projet Altiplano Chuño
Les Chuño sont des pommes de terre lyophilisées naturellement au grand air, par l'action du soleil le jour et du gel la nuit.
Les Aymaras de Bolivie s'adonnent à l'agriculture depuis plus de 2000 ans. La population de l'Altiplano possède une structure sociale séculaire qui exige une coopération inconditionnelle pour survivre dans un climat ingrat à 3700-4600 m d'altitude. Leur mode de vie sans eau saine, électricité, gaz, égout ou connaissance des règles de l'hygiène et leurs labours avec bœufs et bâtons de bois nous font penser à une société agricole primitive. Pourtant, avant la domination Inca, leurs ancêtres avaient découvert la pomme de terre et ils en cultivaient plus de 160 variétés. Les conquistadors espagnols ont rapporté la pomme terre en Europe. Nous pouvons être très reconnaissants aux Aymaras de leur importante contribution à notre régime alimentaire.
À Noël 2000, le rédacteur a passé quatre semaines comme bénévole à l'hôpital Cuschieri dans une banlieue défavorisée de Cochabamba. Le fondateur de l'hôpital est feu notre chapelain le rév. Cuschieri. Cochabamba, 2400 m d'altitude, est située au pied de l'Altiplano. L'évêque Gelmi, de l'archidiocèse de Cochabamba et l'un des administrateurs de l'hôpital Cuschieri, m'avait invité à quelques excursions dans des régions éloignées de l'Altiplano. J'ai pu y constater la pauvreté et la faim abjectes de la population aymara locale. Les familles du campesino souffrent de dénuement extrême et de malnutrition et sont aux prises avec une pénurie croissante de vivres, le peu de variété agricole et le manque de moyens d'activité économique. Les principales denrées sont les pommes de terre et quelques quinua ou cañahua, car peu d'autres choses poussent suffisamment bien à cette altitude et dans ce climat. Ma confrontation avec la réalité de la vie sur l'Altiplano m'a incité à réduire la faim et la pauvreté des Aymaras indigènes. Un remède consistait à accroître le rendement et la qualité de la récolte de pommes de terre. Pour qu'un projet agricole ait la meilleure chance de succès, il faut élaborer une solution durable sur place par le dialogue avec les bénéficiaires. Nous avons eu la bonne fortune que le doyen de la Facultad de Agronomía nous fasse connaître AGRUCO, un centre d'excellence en recherche et développement agricoles à l'université de Cochabamba. AGRUCO se spécialise dans l'amélioration de l'agriculture indigène durable au moyen de pratiques, de matières et de coutumes locales. Nous avons rencontré AGRUCO et décidé de lancer le projet ensemble. Le projet a regroupé 360 familles agricoles aymaras participantes de 16 localités de l'ayllu Majasaya Mujlli, représentant 2100 femmes, hommes, enfants et personnes âgées. AGRUCO, par son excellent travail, a amélioré la qualité de vie des Aymaras. Grâce à de meilleures pommes de terre de semence fournies par AGRUCO, à plus de biodiversité, à de meilleures méthodes de sélection et à la réduction des parasites écologiques, le rendement de la récolte de pommes de terre a augmenté de 17 %! Avec de l'assistance matérielle dans le cadre du projet, les familles bénéficiaires ont construit 147 pirhuas, de petits entrepôts en adobe, pour leurs chuño. De même, les bénéficiaires ont construit 16 silos communautaires en adobe pour l'entreposage et la distribution de pommes de terre de semence. Les 16 localités ont reçu cinq cours de formation sur la conservation des sols et les nouvelles méthodes de culture. Nous avons constaté un regain de fierté et de vigueur chez les familles participantes. Tous les bénéficiaires sont très reconnaissants envers le Canada de l'aide qu'ils ont reçue dans le cadre de ce projet canadien. Nous espérons que la meilleure qualité de vie puisse aussi réduire la migration socialement déstabilisante vers la ville. Les familles non participantes pourraient elles aussi retirer des avantages du projet par l'exemple et le transfert de connaissances de bouche à oreille. Le projet pourrait avoir des incidences positives sur la population totale de 3600 âmes. Le financement du projet vient à 66 % du gouvernement du Canada par l'intermédiaire de l'ACDI. Le reste a été recueilli grâce à la générosité de nombreuses fondations et sociétés et à des dons de particuliers. En octobre 2008, l'ACDI a examiné le projet sur place, lui a donné une excellente cote et a encouragé l'Association canadienne - l'Ordre de Malte à lui présenter une demande de financement pour le prochain projet! En 2008, le projet a été élargi sous la forme d'un programme d'études de trois ans pour 24 jeunes femmes de 18-24 ans provenant des localités du projet de Chuño. La connaissance, c'est le pouvoir. En donnant à de jeunes femmes l'occasion d'étudier, la base de connaissances de la localité sera plus solide. Les jeunes femmes sont hébergées, chambre et pension, à l'Instituto de Educación Rural à Quillacollo, près de Cochabamba. L'école appartient à l'archidiocèse de Cochabamba et est gérée par les Sœurs missionnaires de l'Immaculée-Conception à Laval (Québec). Le programme d'études comprend : lecture et écriture, espagnol, hygiène, secourisme, soins médicaux de base, périnatalité, soin des animaux, gestion, broderie et mathématiques. En décembre 2008, nous avons rencontré AGRUCO à Cochabamba pour élaborer le cahier des charges du prochain projet Chuño. Nous y avons aussi visité les nouvelles localités. Les gens ont entendu parler du premier projet Chuño et ils sont prêts à commencer dès demain! Nous espérons, avec l'aide financière de l'ACDI, lancer le deuxième projet Chuño en mars 2009. Pourquoi ne pas envisager de faire un don au deuxième projet Chuño? Les projets Chuño sont administrés par notre Ordre de Malte. Ils sont coprésidés par Richard T. Brown, ing., et Willem Langelaan. Les projets n'engendrent aucun coût indirect. Nous absorbons nous-mêmes nos frais de visites semestrielles sur place. Chaque cent de don est affecté aux projets. N'oubliez pas l'Association canadienne de l'Ordre souverain militaire hospitalier de Malte dans vos testaments.