Haïti : une mission qui « change une vie », selon un hospitalier
Des enfants qui chantent, dansent et sourient. Chaque après-midi, des enfants amputés, des adultes malades, des bénévoles et des villageois se réunissent pour s’amuser. Scène inattendue pour les Drs Luigi Castagna et Peter Azzopardi et l’épouse de celui-ci, Sisi, infirmière autorisée, qui ont récemment passé une semaine de bénévolat dans un hôpital d’Haïti. « Nous sommes devenus médecins parce que nous voulions aider les gens. Il s’agissait d’une excellente occasion de le faire », Thérapie par la danse en après-midi « La bonne humeur des gens est incroyable », déclare le Dr Azzopardi. « Ça m’a vraiment fait prendre conscience de ma chance. Chaque après-midi, nous organisions une petite fête afin de mobiliser les enfants et nous nous sommes rendu compte que leur bonne humeur était contagieuse et aidait à motiver les adultes. C’est devenu une « thérapie par la danse en après-midi ». C’était incroyable. »déclare le Dr Castagna, neuropédiatre de TSH depuis 1992 et Hospitalier de l’Association canadienne de l’Ordre de Malte, qui a participé à plusieurs missions bénévoles au cours des deux dernières décennies. « Malgré les circonstances, les enfants restent des enfants : ils veulent de l’affection et ils veulent jouer, chanter et danser. »
Il s’agissait de la première mission du couple Azzopardi, une expérience « édifiante » qui « change une vie », mais ils ajoutent que ce ne sera pas la dernière. « Sisi et moi avons toujours voulu aller en mission et nous avions parlé d’Haïti avant le séisme », ajoute le Dr Azzopardi, chef de la Pédiatrie, qui travaille au TSH depuis 1989. « C’est l’un des pays les plus pauvres de l’hémisphère occidental, et nous voulions aider là où cela aurait le plus d’impact. » Sous l’égide de l’Ordre de Malte et de la Fondation CRUDEM, le trio a travaillé a l’hôpital Sacré-Cœur de Milot, un village du nord d’Haïti. Établi il y a 23 ans, l’hôpital de 73 lits prodigue des soins à la communauté locale, mais on y a récemment installé des tentes pour traiter les victimes transportées par avion des régions le plus gravement touchées par le séisme. Traitement de blessures graves Le travail du trio consistait notamment à traiter les victimes du séisme qui avaient perdu des membres et subi des blessures, aussi bien que les patients pédiatriques ordinaires de l’hôpital qui étaient affligés de maladies habituellement rares au Canada, notamment la tuberculose, le SIDA, la malaria et l’éléphantiasis. Cependant, ils ont également dû sortir de leur zone de confort et soigner des adultes à l’USI. « La dynamique est différente. Chacun se fend en quatre pour s’entraider, que ce soit sa tâche ou non », déclare le Dr Castagna. « La population locale est aussi venue prêter main-forte pour laver et nourrir les patients, des étrangers. » L’équipe travaillait de longues heures et voyait chaque jour à la clinique pédiatrique environ 45 enfants amputés, 25 patients hospitalisés et 35 enfants. Bon nombre de jeunes patients ont touché le cœur des médecins. Un bambin avait été retrouvé cinq jours après le séisme, enfoui sous les décombres, aux côtés de ses parents sans vie. Chaque jour, un jeune garçon de 16 ans du village – inconnu de l’enfant – venait lui rendre visite durant plusieurs heures,allant même jusqu’à demander s’il pouvait adopter l’orphelin. Chacun y mettait du sien pour s’entraider, indépendamment de sa propre situation. « Cette expérience se révélera avantageuse pour nos propres patients, ici. L’attitude reste. Elle nous redonne de l’énergie », conclut le Dr Castagna. L’hôpital a notamment grand besoin de physiothérapeutes bénévoles. Il est en train d’établir un laboratoire prothétique et il aurait aussi besoin de personnes possédant de l’expérience pertinente.