55e anniversaire des Auxiliaires
Adresse au banquet des auxiliaires de Malte – 23 avril 2010
Dans son allocution, le Père Grou résume bien l’association de l’Ordre de Malte avec l’Oratoire depuis plus d’un demi-siècle. Il s’agit d’une belle histoire dont le texte intégral est reproduit : Chers amis, Nous soulignons cette année le 55ième anniversaire de la fondation de la brigade Saint- Joseph des auxiliaires de Malte. En cette même année, Frère André deviendra officiellement ce qu’il est déjà dans le cœur de milliers de pèlerins,
un saint de l’Église universelle. En cette occasion, on me fait l’honneur et le plaisir de vous parler de deux sujets qui me tiennent à cœur, les auxiliaires de Malte et le bienheureux frère André. Je crois que nous comprenons mieux l’importance de la mise sur pied de la brigade Saint-Joseph, si nous la regardons dans le contexte de la vie et l’œuvre du frère André. Avant même de fonder l’Oratoire, frère André était entouré de personnes qui l’assistaient dans son travail. On sait en particulier que des hommes acceptaient de le conduire en auto pour lui permettre de se déplacer pour aller visiter des malades. Au moment de la fondation de l’Oratoire ces personnes formaient un groupe qui travaillait en étroite collaboration avec frère André pour le développement de l’Oratoire. Un de leurs rôles consistait à accueillir les nombreuses personnes qui attendaient pour voir frère André et assurer bon ordre de cette foule de personnes. Frère André invitait ses amis à l’accompagner dans la prière. Plusieurs se joignaient à lui pour le chemin de croix ou des heures d’adoration. Pour répondre aux besoins de plus en plus nombreux avec le développement de l’Oratoire, des bénévoles de plus en plus nombreux offraient leur service. Comme beaucoup de malades venaient prier à l’Oratoire, il fallait assister et accompagner ces personnes lors de leur visite. Un groupe de pompiers de Montréal acceptait d’offrir ce service d’accompagnement. Immédiatement après la mort de frère André, ce groupe d’amis continue à se réunir pour prier et pour aider le développement. Ils constituent une fraternité. La prière du mercredi les rassemble. Le 21 juin 1955, Q.J. Gwyn, chancelier de l’association canadienne de l’ordre de Malte propose de rendre les services nécessaires auprès de la Basilique St. Joseph. Ce groupe auxiliaire évoluerait graduellement pour devenir officiellement en septembre 1983 la brigade saint-Joseph. En 1990, le directeur de l’époque, M. André Bessette et le directeur-adjoint, M. Paul-Émile Lauzon résumaient l’esprit qui anime cette brigade : (s’inspirant de la plus grande vertu chrétienne qu’est la charité, nous voulons poursuivre dans cette même voie et dans la plus pure générosité l’accueil des nombreux pèlerins qui gravissent cette montagne avec foi. C’est par millions qu’ils viennent à l’Oratoire Saint-Joseph et pour nous, auxiliaires de l’ordre de Malte, le plus grand honneur c’est d’être à leur service.) La brigade s’inscrit directement dans cette tradition de service qui a marqué les personnes qui ont entouré frère André depuis les débuts de l’Oratoire. Tradition qui s’inscrit dans la perspective de l’accueil et de l’accompagnement des pèlerins en particulier des malades. La brigade est beaucoup plus qu’une équipe de bénévoles. Tout comme les premiers compagnons de frère André, leur service est enraciné dans un mouvement de prière et dans une démarche spirituelle. Chers amis, dans les prochains mois, nous aurons l’occasion de parler souvent de frère André. Dans l’imagination populaire, on pensera sans doute à l’homme qui a soulagé tant de personnes de leurs notre Ordre en remplacement de la perte de Smyrne vers la fin du 14e siècle. Il a été construit sur une péninsule saillissant des terres continentales du sud de la Turquie pour se jeter dans la mer. Il devait devenir l’une des forteresses les mieux protégées de la fin de l’ère médiévale, comptant une tour anglaise, une tour française et une tour italienne, toutes debout encore aujourd’hui. Ces fortifications constituaient une zone sûre pour les esclaves chrétiens en fuite et un poste d’alerte lointaine en cas d’attaques turques contre l’île de Rhodes, siège du Couvent de l’Ordre jusqu’en 1522. Les capitaines du Château y ont souvent gravé leurs armoiries pour témoigner qu’ils avaient survécu à l’étouffante solitude et au profond ennui, entrecoupés d’une soudaine poussée d’adrénaline lors d’attaques – sort habituel des militaires à Bodrum. Ces preux guerriers ont laissé de nombreuses inscriptions, notamment « In Domino Confido » (je mets ma confiance dans le Seigneur), « Spes Mea est in Deo » (Dieu est mon espoir) et « Cum Christo Vigilamus et in Pace Requiescamus » (avec le Christ, nous montons la garde et dans la paix nous trouvons le repos). Lorsque nous prions pour nos braves soldats canadiens, ayons aussi une pensée pour ces preux Chevaliers de notre Ordre qui, il y a si longtemps, ont eux aussi protégé notre foi et le mode de vie chrétien.